Le Parlement égyptien a autorisé lundi 26 octobre le président Abdel Fattah al-Sissi à apporter un soutien militaire à l’Arabie saoudite face aux attaques des Houthis. Ce soutien sera défensif, sans troupes au sol au Yémen. Le Caire avait jusque-là observé une prudence diplomatique.
La Chambre des représentants a approuvé la demande présidentielle à une large majorité. Le texte autorise Sissi à « prendre les mesures nécessaires » pour défendre le territoire saoudien. Cette décision marque une rupture avec la prudence diplomatique égyptienne des dernières années. Le vote, initialement prévu la semaine dernière, avait été reporté après deux jours de débats.
Un soutien défensif, sans troupes au sol
Le soutien égyptien se limitera à la défense du territoire saoudien. Un responsable régional indique le déploiement de systèmes de défense aérienne et d’avions. Aucune troupe au sol ne sera envoyée au Yémen. Sissi a insisté : « Nous parlons de défendre le territoire et les frontières du Royaume ». Il a exclu toute attaque contre le Yémen. Le Conseil national de défense avait déjà promis « toutes les formes de soutien nécessaires » à Riyad.
Le Parti social-démocrate égyptien, avec ses 11 députés, s’est abstenu. Il réclame des précisions sur les objectifs, la durée et le coût de la mission. Des élus s’inquiètent des risques pour les soldats égyptiens. Le souvenir de l’intervention égyptienne au Yémen dans les années 1960 reste vif. Des milliers de soldats y avaient péri, dans un conflit comparé au Vietnam.
Un contexte régional explosif
Cette décision intervient dans un contexte de menaces houthies sans précédent. Les rebelles ont fermé l’aéroport de Riyad et imposé un blocus maritime. La France et le Royaume-Uni ont annoncé l’envoi de moyens militaires. L’Égypte, alliée historique de Riyad, avait rejoint la coalition en 2015. Elle réaffirme aujourd’hui son soutien, tout en excluant toute escalade.
Aristide HAZOUME