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Des tirs d’artillerie lourde et d’armes automatiques ont secoué jeudi matin les abords de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, plongeant la capitale dans une nouvelle crise sécuritaire. Après près de deux heures d’affrontements, les Forces armées nigériennes (FAN) ont repris le contrôle du secteur stratégique, tandis que des opérations de ratissage méthodiques se poursuivent dans le périmètre et que plusieurs quartiers sensibles restent bouclés.

Incursion armée dans l’enceinte aéroportuaire

Des assaillants lourdement armés se sont introduits dans l’enceinte aéroportuaire aux premières heures de la journée, selon des sources sécuritaires et des témoins oculaires. Les forces de défense ont immédiatement déployé un dispositif d’envergure incluant blindés et unités spéciales. Les échanges de tirs, d’une rare intensité, ont cessé vers 8 heures, heure locale. Un vaste périmètre de sécurité a été instauré, et les abords du palais présidentiel ainsi que de la Primature ont été bouclés, la circulation y étant strictement contrôlée. Aucun bilan officiel humain ou matériel n’a été communiqué dans l’immédiat. L’identité des assaillants n’a pas été confirmée, mais la piste djihadiste est privilégiée par les observateurs, dans un Sahel en proie à une insurrection multiforme. L’aéroport a été fermé aux vols civils, provoquant reports et annulations ; les compagnies aériennes conseillent aux passagers de reporter leurs déplacements.

Un site stratégique déjà visé en janvier

Cette nouvelle attaque survient moins de cinq mois après l’offensive spectaculaire du 29 janvier 2026, lorsque des hommes armés avaient pris pour cible la base militaire attenante à l’aéroport. Les FAN, appuyées par des partenaires russes, avaient alors repoussé l’assaut après plusieurs heures de combats. Cet épisode avait fait plusieurs blessés dans les rangs militaires et causé des dégâts matériels significatifs, notamment sur des équipements de surveillance. Le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte au pouvoir, avait reconnu une « brèche sécuritaire » ayant facilité l’incursion et promis une refonte des dispositifs de protection.

L’aéroport Diori Hamani ne se limite pas à une infrastructure civile : il constitue un pivot logistique et militaire majeur pour les opérations antiterroristes menées dans la région, abritant des moyens aériens de surveillance et de projection de forces. Alors que des sources diplomatiques font état d’une réunion de crise au sein du gouvernement, cette nouvelle démonstration de fragilité intervient dans un contexte de résurgence des attaques djihadistes au Sahel. Les autorités nigériennes n’avaient pas encore publié de communiqué officiel au moment de la rédaction.

Aristide HAZOUME 

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