Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé sa démission ce lundi 22 juin 2026, après des mois de contestation interne. Le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, favori pour lui succéder, a immédiatement officialisé sa candidature à la tête du Parti travailliste et du gouvernement.
Sous pression, Starmer cède face aux frondeurs
Keir Starmer a annoncé son départ lors d’une allocution devant le 10 Downing Street. Le dirigeant travailliste restera en fonction jusqu’à la désignation de son successeur, afin d’assurer une transition ordonnée. Il a indiqué avoir informé le roi Charles III de sa décision. Cette démission intervient après plusieurs mois de contestation interne. Plus d’une centaine de députés réclamaient son départ. Les critiques se sont intensifiées après les lourdes défaites du Labour aux élections locales de mai. La pression est devenue irrésistible après la victoire écrasante d’Andy Burnham lors d’une élection partielle dans la circonscription de Makerfield, dans le nord de l’Angleterre.
Face aux médias, Keir Starmer a défendu son bilan. Il a rappelé avoir réformé le Parti travailliste et conduit le Labour à une victoire historique aux législatives de 2024. Il a également salué les progrès accomplis sur l’emploi, l’immigration et la lutte contre la pauvreté infantile. Malgré ces résultats, les appels au changement se sont multipliés. Le calendrier de succession prévoit une ouverture des candidatures le 9 juillet, pour une clôture avant la rentrée parlementaire en septembre.
Andy Burnham, favori pour prendre la tête du Labour
Quelques heures après l’annonce de Keir Starmer, Andy Burnham a officialisé sa candidature. Le maire du Grand Manchester, surnommé le « roi du Nord », apparaît comme le grand favori. Sa récente victoire à la législative partielle de Makerfield, où il a recueilli 54,8 % des voix, a renforcé sa position. Selon plusieurs observateurs, il bénéficie d’un large soutien parlementaire. Wes Streeting, également cité parmi les prétendants, lui a apporté son soutien. Ce ralliement pourrait accélérer le rassemblement du parti et éviter une primaire disputée.
La transition s’annonce décisive pour l’avenir du Labour. Le prochain dirigeant héritera d’une majorité confortable au Parlement. Les élections législatives ne sont pas attendues avant 2029. Avec ce changement à Downing Street, le Royaume-Uni pourrait connaître son septième Premier ministre en dix ans, illustrant une période marquée par une forte instabilité politique. À l’international, plusieurs responsables ont réagi à cette annonce. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué l’action de Keir Starmer. De son côté, Nigel Farage a réclamé des élections anticipées.
Aristide HAZOUME