Le ministre soudanais des Affaires étrangères a accusé lundi Washington d’avoir violé ses obligations. Les États-Unis ont refusé un visa au général Abdel-Fattah al-Burhan. Il devait participer à l’Assemblée générale de l’ONU à New York.
Mohieldin Salim Ahmed Ibrahim s’exprimait devant l’Assemblée générale des Nations unies. Il a qualifié la situation de « profondément regrettable ». Selon lui, ce refus viole le principe d’égalité souveraine entre les États. Il a demandé à l’ONU de documenter formellement l’incident. Le secrétaire général Antonio Guterres avait déjà exprimé ses regrets le 25 septembre. Washington justifie sa décision par un désaccord sur une trêve de 90 jours. Le général al-Burhan aurait refusé cette proposition.
Fin des ingérences étrangères réclamée
Le chef de la diplomatie soudanaise a appelé à mettre fin au soutien étranger. Il a exigé l’arrêt des livraisons d’armes et de mercenaires. « Les armes doivent rester exclusivement sous le contrôle de l’État », a-t-il déclaré. Il a accusé les Forces de soutien rapide (FSR) d’attaques contre les civils. Il a critiqué le silence de la communauté internationale face à ces violences. Les sanctions imposées au Soudan depuis vingt ans sont également dénoncées.
Un conflit alimenté de l’extérieur
Le Soudan est en guerre depuis avril 2023. Un rapport de l’ONU publié en septembre confirme cette réalité. Des réseaux étrangers fournissent armes et combattants aux belligérants. Le conflit a déplacé plus de 11 millions de personnes. Le Soudan demeure la plus grande crise de déplacement au monde. Le ministre a réclamé deux sièges permanents pour l’Afrique au Conseil de sécurité.
Aristide HAZOUME