La Minusca a rétrocédé sa base de Mbaïki à l’État centrafricain. Une cérémonie officielle s’est tenue mercredi. Cette opération marque une nouvelle étape dans la reconfiguration du dispositif onusien. Elle vise aussi à renforcer les responsabilités nationales en matière de sécurité.
Une base stratégique remise aux autorités centrafricaines
La Minusca a officiellement remis la base de Mbaïki aux autorités centrafricaines. La cérémonie a réuni les autorités locales, des diplomates et des partenaires internationaux. Située dans la préfecture de la Lobaye, la base occupe une position clé. Elle se trouve près de Bangui et de la frontière congolaise. Le site s’étend sur près de 214 000 mètres carrés. Il dispose de logements, de tours de garde et d’équipements techniques. Des points d’eau et des groupes électrogènes y sont aussi installés. Avec cette rétrocession, l’État centrafricain récupère l’ensemble des infrastructures. Il assumera désormais leur gestion et leur entretien. La mission onusienne transfère également plusieurs responsabilités. Elles concernent la sécurité locale et la protection des civils. Le contingent tunisien déployé sur place sera redéployé. Il rejoindra des zones encore confrontées à l’insécurité.
La Minusca poursuit la reconfiguration de son dispositif
Valentine Rugwabiza, cheffe de la Minusca, a salué cette avancée. Elle a rappelé que plusieurs bases ont déjà été transférées. Parmi elles : Bamingui, Dékoa, Dilapoko, Ippy et Kouango. Selon elle, la région de la Lobaye connaît une amélioration sécuritaire progressive. Elle a toutefois souligné l’importance de préserver les acquis. Les habitants attendent désormais une présence renforcée des forces nationales. Plusieurs signalent une recrudescence récente des actes de banditisme. Le Premier ministre Félix Moloua a tenu à rassurer la population. Il a affirmé que la Minusca reste engagée en Centrafrique. Cette rétrocession ne signifie pas un retrait de la mission. Elle traduit une adaptation aux réalités sécuritaires du terrain.La base de Mbaïki devient ainsi la sixième emprise transférée. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie nationale de consolidation de l’autorité de l’État. D’autres bases seront transférées d’ici fin 2026. La restructuration progressive de la mission onusienne se poursuit.
Aristide HAZOUME