Le parti d’opposition polonais PiS se déchire. Une trentaine de députés, menés par l’ex-Premier ministre, quittent le navire à quinze mois du scrutin.
La plus grande formation d’opposition polonaise est en plein éclatement. Le président du PiS, Jaroslaw Kaczynski, a annoncé le départ de plus de 30 députés . Ces derniers ont refusé de signer une déclaration de loyauté. L’ultimatum imposé par la direction est arrivé à expiration jeudi minuit. Le cœur du conflit réside dans l’association « Rozwój Plus » (Développement Plus). Créée par l’ex-Premier ministre Mateusz Morawiecki en avril dernier, elle incarne l’aile modérée du parti . Le choix de la direction de désigner Przemyslaw Czarnek, figure plus conservatrice, comme candidat pour les législatives de 2027, a accentué les tensions .
L’ultimatum de Kaczynski
Jaroslaw Kaczynski a vu dans cette association une menace existentielle . Il a exigé que les parlementaires choisissent entre celle-ci et le parti. « Nous ne pouvions considérer l’association autrement que comme un élément visant à diviser le parti », a-t-il martelé. Mateusz Morawiecki, qui revendique 40 députés et un sénateur dans son camp, dénonce un « complot » . Il affirme n’avoir jamais démissionné.
Une recomposition à droite
Cette scission historique fragilise le principal parti d’opposition . Le PiS voit ses bases s’effriter, avec l’émergence de « Rozwój Plus » comme une force potentielle crédible. Toutefois, le parti de Kaczynski pourrait aussi se radicaliser pour contrer la poussée de la droite radicale. Un an avant les élections, cette rupture profonde redessine le paysage politique polonais.
Aristide HAZOUME