Le Front de libération nationale (FLN) arrive en tête des élections législatives du 2 juillet, selon les résultats provisoires de l’ANIE. Mais le scrutin est surtout marqué par une participation record de faible ampleur : 21,24 % seulement. Une désaffection qui interroge, cinq ans après le Hirak.
Le FLN confirme sa position de premier parti d’Algérie. Il remporte 90 sièges sur les 407 que compte l’Assemblée populaire nationale (APN). Derrière lui, le Rassemblement national démocratique (RND) obtient 73 sièges. Le Front El Moustakbal en décroche 59, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) 43, et le Mouvement El-Bina 38. Les indépendants totalisent 32 élus.
Ces résultats, annoncés par Karim Khelfane, président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), restent provisoires. Mais le véritable enseignement du scrutin est ailleurs : l’abstention massive. Sur les 23,8 millions d’électeurs inscrits, seuls 21,24 % se sont déplacés aux urnes sur le territoire national. À l’étranger, la participation chute à 10,75 %. Un niveau historiquement bas, qui témoigne d’un profond désengagement citoyen.
M. Khelfane a tenté de relativiser, évoquant une tendance « pas propre à l’Algérie ». Il a aussi salué la « transparence » des opérations électorales. Pourtant, plusieurs observateurs pointent un contexte politique tendu, marqué par la disqualification de nombreux candidats avant le vote.
Cette élection intervient dans un climat de méfiance persistante. Né en 2019, le mouvement Hirak avait contraint le président Abdelaziz Bouteflika à démissionner. Les manifestations ont ensuite faibli, sous l’effet de la pandémie de Covid-19, mais aussi de restrictions visant militants, opposants, journalistes et blogueurs.
Le président Abdelmadjid Tebboune, réélu en 2024 après son premier mandat en 2019, voit donc le FLN conserver la majorité relative à l’APN. Reste à savoir si cette Assemblée, issue d’un scrutin boudé, parviendra à incarner un renouveau politique.
Aristide HAZOUME