La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a annoncé la formation d’un nouveau gouvernement de coalition. Plus de deux mois après les élections législatives, quatre partis du centre-gauche et du centre sont parvenus à un accord. Cette alliance, qui ne dispose pas de la majorité absolue au Parlement, devra désormais gouverner avec des soutiens extérieurs.
Mette Frederiksen obtient un accord après deux mois de tractations
Le Danemark tient enfin son nouveau gouvernement. La Première ministre sortante, Mette Frederiksen, a confirmé un accord politique, à l’issue d’un entretien avec le roi Frederik X. La cheffe du gouvernement présentera son programme le 2 juin, et la composition de son cabinet sera dévoilée le lendemain. Cette coalition réunit les sociaux-démocrates et trois autres formations : le Parti populaire socialiste, les Radicaux et les Modérés. L’accord met fin à plus de deux mois d’incertitude politique, marqués par des négociations parmi les plus longues de l’histoire du pays. Trois cycles de discussions ont été nécessaires, ponctués par de fortes tensions. Le Parti social-démocrate reste la première force politique nationale, mais il a enregistré son plus faible résultat depuis 1903. Avec 38 sièges sur 179, il devait impérativement trouver des partenaires, ce qui a considérablement réduit la marge de manœuvre de Mette Frederiksen.
Réformes sociales et défis parlementaires à venir
Le nouvel accord prévoit plusieurs mesures économiques et sociales : réduction du coût des transports publics, gratuité des soins dentaires, construction à grande échelle de logements abordables, ainsi que des allégements fiscaux ciblés. La TVA sur certains produits alimentaires sera réduite, et les légumes pourraient même bénéficier d’une exonération totale. Malgré cet accord, la coalition reste minoritaire : elle ne dispose que de 82 sièges sur les 179 du Parlement. Le gouvernement devra donc rechercher des soutiens supplémentaires, notamment auprès de l’Alliance rouge-verte, qui pourrait jouer un rôle déterminant.
Mette Frederiksen entamera ainsi un troisième mandat, mais sa victoire électorale s’avère plus fragile qu’espéré. La dirigeante avait convoqué des élections anticipées pour renforcer son poids politique au Parlement. Son engagement sur l’Ukraine et le Groenland n’a pas suffi à inverser la tendance. Malgré ce contexte, elle conserve une forte crédibilité politique, une expérience européenne largement reconnue, et une influence certaine sur les questions migratoires. Le nouveau gouvernement devra désormais transformer ses promesses en résultats. Les prochains mois seront décisifs pour la stabilité politique du Danemark.
Aristide HAZOUME