Le président congolais Félix Tshisekedi a accusé son prédécesseur Joseph Kabila d’être un « supplétif » de Paul Kagame. Dans un discours diffusé mardi 27 octobre 2026, il dénonce un « camp aux abois » et qualifie l’ancien chef de l’État de « grand peureux ».
L’attaque est frontale. Félix Tshisekedi s’exprimait samedi 24 octobre devant les députés de la majorité. Le discours n’a été diffusé que mardi par la présidence sur le réseau X.Le président congolais y voit la main du Rwanda derrière la rébellion. « Il a demandé à son supplétif, qui était tapi dans l’ombre, de sortir et de prendre les rênes de cette agression », a-t-il déclaré. Joseph Kabila a pris la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN) le 12 octobre 2026. Ce mouvement politico-militaire intègre l’AFC/M23, soutenu par Kigali.Le FRN revendique la fin du « régime de Kinshasa », qualifié de « tyrannie ».
Un ancien président sous le coup de la justice
Joseph Kabila, 55 ans, a été condamné à mort par contumace en septembre 2025 pour « trahison ».Il fait aussi l’objet de sanctions américaines pour son « soutien financier et politique » au M23.L’Est de la RDC est déchiré par les violences depuis plus de trente ans. Le M23 et l’armée rwandaise y ont pris Goma et Bukavu début 2025. La communauté internationale durcit le ton. Le Conseil de sécurité de l’ONU a sanctionné en octobre 2026 des cadres de l’AFC/M23. Corneille Nangaa et John Imani Nzenze figurent parmi les cibles.Les États-Unis ont également sanctionné la Force de défense rwandaise pour son soutien au M23. Kigali dément toute implication.
Aristide HAZOUME