Près de 300 ressortissants ghanéens ont quitté l’Afrique du Sud mercredi 27 mai. Accra a affrété un premier vol spécial alors que les tensions contre les étrangers s’intensifient dans plusieurs villes sud-africaines.
La peur gagne une partie de la communauté ghanéenne établie en Afrique du Sud. Mercredi 27 mai, près de 300 personnes ont quitté Johannesburg à bord d’un vol de rapatriement organisé par le gouvernement ghanéen. Cette opération d’urgence intervient après plusieurs semaines de manifestations ciblant l’immigration illégale, parfois accompagnées de violences et d’intimidations publiques. Une vidéo devenue virale a accentué l’inquiétude : on y voit un Ghanéen agressé verbalement dans une rue sud-africaine. À Pretoria, l’ambassade du Ghana accueille désormais les candidats au départ, et plus de 800 demandes de rapatriement ont déjà été enregistrées.
Des familles paralysées par la peur
De nombreux Ghanéens disent vivre enfermés chez eux depuis plusieurs semaines. Plusieurs commerçants ont fermé leurs boutiques par mesure de précaution. Comfort, coiffeuse installée en Afrique du Sud, affirme vouloir quitter définitivement le pays : elle craint pour la sécurité de sa famille. D’autres parents n’envoient plus leurs enfants à l’école. Le climat d’angoisse est particulièrement vif dans les quartiers populaires. Ben, résident depuis 2013, dit prendre les menaces au sérieux, rappelant les précédentes vagues d’attaques contre les étrangers. Selon les autorités ghanéennes, environ 16 000 ressortissants vivent actuellement en Afrique du Sud, pour la plupart actifs dans le commerce, les services ou l’artisanat.
Pretoria appelle au calme avant l’échéance du 30 juin
Des groupes hostiles à l’immigration ont fixé un ultimatum au 30 juin, réclamant des mesures plus strictes contre les personnes en situation irrégulière. Le gouvernement sud-africain tente de désamorcer les tensions. Pretoria dénonce plusieurs informations trompeuses diffusées sur les réseaux sociaux et assure qu’aucun Ghanéen n’a été tué récemment. Les autorités promettent également d’enquêter sur les actes d’intimidation signalés. Mardi 26 mai, l’ANC a évoqué la possibilité de quotas migratoires nationaux et mis en garde les entreprises qui emploient des migrants sans papiers.
Aristide HAZOUME